Glossaire du théâtre

Abonnements. Achat à l’avance d’une place à tarif réduit pour plusieurs spectacles parmi ceux proposés au cours la saison d’un théâtre. 
 
Accessoires. Objet utilisé sur scène par les acteurs, qui peut avoir une valeur symbolique. Par exemple, un journal, un bâton, une chaise. Un bâton peut représenter un bâton, mais il peut aussi être une épée, un rotor d’hélicoptère ou un partenaire imaginaire. 

Accessoiriste / concepteur d’accessoires. Artisan qui cherche, fabrique ou modifie les accessoires nécessaires au jeu ou au décor. Il travaille avec le scénographe et le metteur en scène pour que les objets s’intègrent dans la conception globale du spectacle. Il est parfois responsable de la gestion des accessoires pendant les représentations. 

Acte. Division externe de la pièce en parties d'importance sensiblement égale, en fonction du déroulement de l'action.

Acteur, actrice. Du latin agere, agir, faire. Celui, celle qui remplit le rôle d’un personnage. Certains ont tendance à réserver ces termes au cinéma et à employer de préférence, au théâtre, comédien, comédienne.

Action.  Du latin agere, agir, faire. Ce qui se produit sur scène, de par l’intervention des personnages. L’action est dite externe, pour désigner les mouvements physiques, ou internes, pour désigner le passage d’un état à l’autre dans le caractère d’un personnage. On désigne parfois la pièce elle-même comme « action », dans la mesure où son écriture est dramatique, visant à être jouée, contrairement aux fables qui sont destinées à la seule lecture.

Adaptation. Transformation ou réécriture d’une œuvre. Par exemple, on peut transposer un roman en dialogues et en actions scéniques, faire un montage de plusieurs textes ou modifier une pièce en changeant le contexte, la conclusion ou le nombre de personnages. 

Administrateur. Personne responsable de la gestion des budgets de la compagnie. De pair avec le directeur artistique, il planifie et supervise les projets artistiques pour en assurer la viabilité et le bon déroulement. 

Agent. Personne qui négocie les contrats d’un artiste avec les compagnies de théâtre. L’agent guide l’artiste dans la gestion de sa carrière, en lui donnant des conseils d’ordre administratif, juridique, financier, voire artistique.

Alexandrin. Vers français de douze syllabes.

Antihéros.  Personnage principal ne correspondant pas aux caractéristiques ou aux valeurs du héros traditionnel.

Anti-pièce. On parle d'anti-pièce lorsque l'on tourne le dos à toute la tradition : personnages réduits à des fonctions (aucune individualité, aucune psychologie), pas de communication véritable, notion de temps bouleversée, très peu d'action, pour ne pas dire aucune. Cette expression a été employée par Ionesco pour qualifier son théâtre. 

Aparté. Mot ou parole que l'acteur dit à part soi et que le spectateur seul est censé entendre.

Arlequinade.  Pièce, avec ou sans paroles, ayant Arlequin pour personnage central.  Il peut s’agir de la réécriture d’une pièce connue, comme Dom Juan, dont une version, Le Festin de pierre,attribue à Arlequin le rôle du valet.

Auteur(e).  Est la personne qui écrit le texte.

Arrière-scène.  C’est tout ce qui est à l’arrière de la scène.

Assistant metteur en scène. Bras droit du metteur en scène, dont le rôle varie énormément. Très souvent, il veille au bon déroulement des répétitions, en établit le calendrier, prend des notes, souffle le texte. Il participe parfois aux décisions artistiques. 

Attaché de presse. Personne qui s’occupe des contacts avec la presse et les médias, rédige et élabore le matériel publicitaire, organise des entrevues et choisit les photos à faire paraître. 

Avant-scène. Partie de la scène comprise entre la rampe et le cadre de scène.

Baignoires (les).  Endroits situés à l’avant et sur les côtés de la salle où le public est assis.  Les baignoires sont souvent présentes dans les plus vieilles salles de spectacle, c’était l’apanage des gens riches de s’y asseoir.  Vu leurs emplacements très ingrats, c’était des places beaucoup plus propices pour être vu du public que pour y voir le spectacle.

Balcon.  C’est un endroit au-dessus du public et à l’arrière de la salle où le public est assis.  Les français le désigne parfois avec le terme paradis(dans certaines salles, il y a plusieurs balcons et le dernier étant si haut qu’il touche presque au paradis) et le terme poulailler(dans certaines salles du début su siècle, les derniers balcons étaient si hauts que les gens se penchaient beaucoup pour voir la scène ; pour éviter les accidents,, on y avait mis une clôture comme celles que l’on retrouve autour d’un poulailler).  Dans une salle qui a un balcon, le public sous le balcon est assis au parterrre.

Billet de spectacle.  Revenu indispensable au fonctionnement d’une troupe de théâtre.  Outil de statistique.

Brigadier. Bâton utilisé pour frapper les coups annonciateurs du début d'une représentation.

Bruiteur. Technicien chargé du bruitage.

Burlesque. Forme de comique outré, employant des expressions triviales pour travestir des personnages et des situations héroïques; l'épopée burlesque apparaît en France au milieu du XVIIe s., et René-Louis Chartier de Lotbinière en signe une au Québec en 1666. La comédie burlesque du XXe s. s'en prend surtout, sur des canevas grotesques et parfois grivois, aux croyances et aux institutions, usant de techniques particulières, comme la ligne de fille et un personnage remplissant le rôle de faire-valoir (angl. : straight-man).

Cabotin. Acteur qui attire l'attention sur lui aux dépens des autres, compromettant les intentions du metteur en scène. Mauvais acteur.

Cabotinage. Jeu de cabotin. Peut se dire de l'ensemble d'une mis en scène qui paraîtrait détourner un texte des intentions de l'auteur.

Canevas. Résumé ou scénario d'une pièce pour les improvisations des acteurs, en particulier ceux de la commedia dell'arte.

Casting. Terme anglais pour désigner l’attribution des rôles - avec ou sans consultation d'agences spécialisées - d'après l'âge, la morphologie, la voix, la célébrité. Paradoxalement, le terme anglais désigne aussi un coup de dé et, originellement, une attribution de certains emplois par tirage au sort.

Chant. Dans le théâtre grec, terme pour désigner le texte (poétique). Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, l'élocution, la fable, la pensée et le spectacle. Dans le théâtre épique brechtien, on parle plutôt de songs

Chef cintrier, chef d’atelier de décor, chef électricien, chef guichetier, chef machiniste, chef sonorisateur. Travaillant dans l’ombre, ces différents membres de l’équipe de production d’un théâtre assurent le bon déroulement du travail dans la salle de spectacle, les coulisses, l’atelier de décor et l’aire d’accueil du public. Chefs d’équipe dans leurs secteurs respectifs, ils organisent et coordonnent les différentes étapes de travail, en veillant au respect des budgets, des priorités et des échéances. Ils s’assurent aussi que les équipements sont en bon état et que les normes de sécurité sont appliquées. Grâce à leur expérience du métier, leurs connaissances techniques et leur leadership, ils règlent les problèmes éventuels, réagissent aux imprévus et supervisent les techniciens pendant la production.

Chorégraphe. Concepteur des moments dansés et parfois de tout le travail corporel d’un spectacle, incluant la stylisation de la gestuelle, des déplacements et certaines interactions des acteurs.

Chorégraphe de combat. Concepteur des scènes d’affrontement d’un spectacle, en collaboration avec le metteur en scène. Il dirige les comédiens et leur apprend les techniques de combat appropriées, tout en s’attardant à la stylisation des corps.

Chorégraphie. Terme, issu du théâtre grec où il désignait l'art de diriger les chœurs, utilisé depuis le début du XVIIIe s. pour désigner l'art de composer des danses et d'en régler les figures et les pas. Aujourd'hui employé pour désigner la mise en scène du théâtre gestuel.

Chœur. Groupe - ou groupes alternés - chargés d'intervenir collectivement, par le chant, la danse et le récitatif, dans le cadre d'un rituel ou d'un spectacle. Dans le théâtre grec, l'intervention des choreutes, dirigée par un coryphée, est dite choreia .  Du chœur grec, et plus tard du chœur médiéval, se sont détachés les interprètes des rôles individualisés qui caractérisent le théâtre occidental.

Cintre. Voûte, cage aménagée au-dessus de la scène pour y recevoir les décors à dégagement vertical; on dit aussi « cage de scène et « tour de scène ».  Par métonymie: support servant à suspendre le décor.

Cintrier / gréeur. Machiniste qui manœuvre les éléments de décors qui apparaissent et disparaissent dans les cintres (c’est-à-dire au-dessus de la scène). 

Clown. Comédien de cirque doué d’agilité et d’humour.  Personne qui divertit les autres par sa drôlerie.

Coiffeur / perruquier. Artisan qui confectionne et met en place des postiches (fausse barbe, perruque). Il peut aussi coiffer ou couper les cheveux de l’acteur.

Comédie. Action scénique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des mœurs et des caractères, et dont le dénouement est heureux. Du grec comoidia [κωμωιδια], fable urbaine, mot formé de komê [κωμη], ville, et oïdê [ωιδη], ode, chant, fable; apparentée à komoï [κωμοι], fêtes urbaines. La comédie grecque est une forme qui fut soutenue par le premier régime démocratique. Elle visait la « purification » des spectateurs en leur montrant l’issue risible de certaines faiblesses.

Comédie-ballet. Ballet parlé, construit à la manière d'une comédie, ou comédie entrecoupée d'épisodes dansés selon une technique propre au ballet.

Comédie musicale. Comédie où l'intrigue, peu resserrée, sert de prétexte à une suite de chansons et de danses. La plus célèbre dont la musique ait été composée par un Québécois, Galt MacDermot, est Hair, créée en 1967.

Comédien, comédienne. Celui ou celle qui joue la comédie.  De façon plus générale : celui ou celle qui tient un rôle (il n’y a pas de terme spécifique pour celui ou celle qui joue le drame).
Commedia dell'arte. Genre de comédie dans laquelle, le scénario - ou canevas - étant seul réglé, les acteurs improvisaient.
 
Commanditaire.  Bailleur de fonds.

Compagnie de théâtre. Société de production dont statuts sont généralement soumis aux lois du commerce (avec conseil d’administration, exécutif, etc.). Le choix des  pièces revient généralement à une direction artistique et l’embauche varie avec la distribution.

Compositeur de musique. Créateur responsable de l’écriture des partitions de la musique d’un spectacle ou d’une comédie musicale. Il supervise aussi l'enregistrement ou l'exécution des musiciens pendant les représentations. 

Console. Appareil programmé comportant les claviers, registres et moniteurs de la régie d'éclairage ou de son.

Convention théâtrale. Ensemble des présupposés idéologiques et esthétiques, explicites ou pas, qui permettent au public de recevoir correctement la pièce; entente selon laquelle cette dernière correspond à des normes connues et acceptées.

Coryphée. Chef de chœur, dans le théâtre grec ou les jeux choraux qui s’en inspirent .

Costumes. Ensemble des vêtements que porte l’acteur sur scène. Par leurs formes, couleurs et textures, ils contribuent à créer l’univers visuel de la pièce et révèlent l’identité des différents personnages (âge, métier, personnalité) ainsi que la relation qui existe entre eux.

Costumier.  Personne et/ou endroit qui fait, vend ou loue des costumes de théâtre, de cinéma, etc.

Costumière.  Personne qui s’occupe des costumes et l’habillage des acteurs.

Coulisse. Glissière permettant le déplacement des panneaux décoratifs qui sont généralement distribués en paire de chaque côté de l'espace de jeu, et qui ont pour double fonction de dissimuler les dégagements latéraux et d'accentuer l'effet de perspective créé par le cyclorama. Par métonymie: dégagement dissimulé derrière les panneaux.

Coups (trois). Trois coups frappés pour attirer l'attention du public au début d'une pièce, particulièrement quand il y a lever de rideau. Certains font remonter la tradition au Moyen Âge, où les trois coups finals (pour la Trinité) auraient été précédés d'un martèlement souvent constitué d'onze coups (les douze apôtres moins Judas). Les coups sont frappés avec un bâton dit "brigadier"

Cour. Côté droit de la scène, vue prise de la salle.

Couturière. Répétition où se font les retouches aux costumes. Par métonymie: dernière répétition avant la générale.

Création. Désigne soit la première fois qu’une pièce est jouée à la scène, soit le processus de travail qui précède les représentations. Il existe différentes méthodes de création, qui varient en fonction du spectacle et des choix artistiques des compagnies. 

Critique. Épistémologie, ou étude raisonnée d'un objet à partir d'un ou plusieurs critères servant de base à un jugement de valeur.

Cue – se prononce « kiou » – (attention) Signal qui indique aux manipulateurs des consoles de son et d’éclairage à quel moment exécuter chaque effet. Pour l’acteur, c’est généralement la réplique d’un autre acteur qui lui signale quand entrer en scène, dire une réplique ou faire une action. 

Cyclorama. Toile peinte disposée sur un rouleau, et qu'on tire à la verticale pour créer un fond de scène, ou qu'on déroule à l'horizontale, en un mouvement continu, pour simuler un déplacement latéral. Le théâtre classique oblige trois types de fonds de scène : une terrasse de château pour la tragédie, une place publique pour la comédie, et un paysage de campagne pour la pastorale. Fam. : cyclo.

Danse-théâtre. Forme de danse où le caractère épuré des mouvements classiques fait place à une expression communicatrice proche du théâtre ; on y introduit parfois du texte.

Déclamateur. Personne qui abuse du ton oratoire. Acteur qui débite sa part de dialogue par pure mémoire, sans l’articuler sur la réplique de l’autre.

Déclamation. Art de dire un texte. Abus de l’emphase.

Déclamatoire. D’expression pompeuse, loin du naturel.

Déclamer. Dire un texte. Débiter une réplique sans tenir compte de la rétroaction.

Décor. Arrangement de la scène en vue de donner aux spectateurs un référent spatial. On a aujourd'hui tendance à restreindre ce mot pour désigner un aménagement constitué de panneaux peints et de quelques objets, et à recourir à scénographie pour désigner le décor construit.

Décorum. Ensemble des règles qu'il convient d'observer pour tenir son rang sans une bonne société.

Dégagement.  Espace disponible, en dehors de l’aire de jeu, pour les entrées et sorties de personnages et les changements de décor et d’accessoires.  Certaines scènes, conçues pour le cinéma, offrent peu ou pas de dégagements pour le théâtre.

Dessous(les).  Contiennent d’autres éléments de décor, trop lourds pour être suspendus. Ils servent aussi d’espace de rangement.

Deus ex machina. Personnage - ou événement - dont l'occurrence opportune ou l'intervention conclusive, aidée parfois de la machinerie scénique, permet à l'auteur de couper court au développement d'un scénario, de façon à éviter la catastrophe (ex. : apparition du Commandeur dans Dom Juan).

Dialecte. Variété régionale d'une langue.

Dialogue. Entretien entre deux personnes. Ensemble des paroles qu'échangent les personnages d'une pièce de théâtre.

Diction. Manière de dire un texte selon certaines règles de prononciation. L’acteur doit maîtriser son articulation, son débit et sa respiration. 

Didascalie. Instruction du didascale à ses interprètes. Ne se dit plus que des indications scéniques données hors texte, séparément des répliques.

Directeur des communications. Responsable des relations d’un théâtre avec les médias et le public, qui supervise les activités de promotion, la conception et la distribution du matériel publicitaire (affiches, communiqués, invitations). Il coordonne la mise en marché des spectacles, les levées de fonds et la recherche de commandites. Son mandat inclut également les campagnes d’abonnements. 

Directeur/trice de production.  Personne responsable de l’aboutissement«concret» du spectacle.  Celui ou celle qui gère le budget total de production, qui s’assure que les concepts(de décor, costumes, éclairages, son, maquillage, perruques effets spéciaux, etc.) se réalisent à temps pour répondre aux échéances demandées par la pièce ou par le metteur en scène, que toute l’équipe travaille bien ensemble, que le spectacle se tienne et forme un tout homogène.  C’est la personne qui s’assure que la vision artistique du metteur en scène sera livrée intégralement sur le plateau.  Il doit donc prendre tous les moyens pour la mener à terme.  Il doit être le miroir du metteur en scène, dans la mesure où il possède une bonne vision d’ensemble de la production et doit questionner le metteur en scène sur ses choix et décisions, quand ceux-ci ne semblent pas aller dans le sens de la dite vision artistique. 

Directeur technique.  Personne qui s’assure que tous les éléments techniques de la production seront en place pour le spectacle.  Ce qui englobe entre autres responsabilités, la construction du décor, la confection de l’horaire de montage, la direction des activités sur la scène pendant le montage, la bonne marche technique du spectacle pendant les représentations, la cohérence de tous les départements techniques de la production.

Discours. Mode d'appréhension du langage, considéré non comme structure arbitraire (langue), mais comme activité de sujets inscrits dans un système déterminé. Se dit d'une unité linguistique constituée d'une succession de phrases (linguistique textuelle), d'une unité de communication relevant d'un genre déterminé (théâtre), d'un système partagé dans un champ d'application (discours socialiste) ou de l'association d'un texte et de son contexte.

Distanciation. Effet d'étrangeté par lequel l'acteur ou le metteur en scène tente d'éviter l'identification à un personnage ou à une situation en particulier. Effet obtenu par divers procédés de recul, comme l'adresse au spectateur, la fable épique, la mise à jour du gestus social, les songs, la technique à vue.

Distribution. Répartition des rôles. Se dit du tableau où sont présentés les personnages et leurs interprètes.

Dithyrambe. Cantique lyrique à la gloire de Dionysos dont serait née la tragédie.

Divertissement. Intermède dansé et chanté.

Douche.  Projecteur placé au-dessus d’un acteur qu’il éclaire comme une douche de lumière.

Doublure. Acteur engagé pour apprendre le rôle d’un interprète important afin de pouvoir le remplacer au besoin et ainsi assurer la continuité du spectacle. 

Dramatique. Adj. : qui se rapporte au drame. Subst. Fém. : courte pièce de théâtre pour la radio ou la télévision. Subst. masc. :genre propre au théâtre.

Dramatisation. Action de composer une dramatique, un scénario.  Transformation d’un concept ou d’une idée en image dans le processus du rêve ou du mythe.

Dramaturge. Auteur d'un texte dramatique (allemand dramatiker). Se dit aussi du dramaturgiste.

Dramaturgie. Art de la composition des pièces de théâtre. Technique ou poétique de l'art dramatique qui cherche à établir les principes de construction de l'œuvre. 

Dramaturgiste. Spécialiste de la dramaturgie (allemand et anglaisdramaturg). Intervenant auprès d'une compagnie théâtrale ou d'un metteur en scène, chargé de diverses questions relatives au texte (répertoire, adaptation, rédaction, traduction, documentation...). On dit généralement dramaturge ou conseiller dramaturgique.

Drame. Action scénique représentée par des personnages.

Drame cornélien. Conflit apparemment insoluble parce qu’opposant des protagonistes qui devraient défendre les mêmes sentiments et les mêmes devoirs. Ex. : lutte entre frères ennemis.

Droit d’auteur.  Le droit d’auteur est un principe juridique reconnaissant au détenteur de ce droit une propriété intellectuelle exclusive, le protégeant contre toute utilisation de son œuvre, telle que prévue à la loi, sans une autorisation personnelle (une licence) ou législative (une exception).  Le détenteur d’un droit d’auteur peut prétendre à des droits économiques ou pécuniaires et à des droits moraux, à savoir la paternité et l’intégrité de son œuvre.

Éclairage. Effets de lumière qui éclairent les comédiens et l’espace scénique, créant des atmosphères grâce aux différentes intensités, couleurs et jeux d’ombres. Voir aussi concepteur d’éclairages. 

Éclairagiste.  Personne responsable des éclairages, il ou elle doit faire ses plans qui sont souvent techniquement complexe.

Écriture dramatique. Structure littéraire reposant sur quelques principes dramaturgiques : séparation des rôles, dialogues, tension dramatique, action des personnages.

Écriture scénique. Façon d'utiliser l'appareil théâtral pour mettre en scène les personnages, le lieu et l'action qui s'y déroule.

Effet.  Tout événement technique intervenant au cours du spectacle : changement d’éclairage, bruitages, manipulations de décors, de rideaux, mise en mouvement d’objets, effet de fumée ou utilisation de feux d’artifice.

Élocution. Choix et ordre des mots du discours, façon de s'exprimer par figures. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, la fable, la pensée et le spectacle. On traduit parfois par " expression " le terme grec ici traduit par " élocution ".

Entracte (un). (Masculin) À l’époque où l’on éclairait la scène avec des chandelles, cette interruption permettait de les changer.  Aujourd’hui, l’entracte offre une pause aux spectateurs et permet aux machinistes de changer de décor si nécessaire.

Environnement sonore. Ensemble des interventions sonores d’un spectacle, incluant les bruits (téléphone, aboiements) et les atmosphères (foule, tempête en mer). 

Épilogue. Discours récapitulatif à la fin d'une pièce.

Épique. Se dit d'une fable dont le topos, tiré de la vie des hommes, est agrandi et traité de façon telle, notamment par des ajustements idéologiques, qu'il soit presque impossible pour le spectateur de s'identifier au héros ou à la situation. Opposé de tranche de vie.

Épisode. Chez les Grecs, partie composée de tirades ou de stichomythies et située - outre le prologue et l'exode - entre les interventions chantées et dansées du chœur.

Éponyme. Se dit d'un personnage qui donne son nom à la pièce (Antigone de Sophocle, Hamlet de Shakespeare, Phèdre de Racine.

Espace dramatique. Construction imaginaire, par le lecteur et même le spectateur, de la structure spatiale du drame.

Espace scénique. Espace proposé sur scène par le scénographe et ses collaborateurs.

Essayage.  Action d’essayer un vêtement ou costume en cours de confection pour le mettre au point.

Esthétique. Philosophie du beau, distincte par son objet de celles du bon (éthique, ou morale), et du vrai (épistémologie, ou critique). Étude s'attachant à définir des critères de jugement en matière de poésie et d'art. Il existe une esthétique normative (jugement d'après des règles stylistiques particulières), et une esthétique descriptive (description des formes théâtrales situées par rapport à une sémiologie générale et à une théorie du discours.

Euphémisme. Expression atténuée d'une notion dont l'expression directe, pour des raisons de bienséance, aurait quelque chose de déplacé (ex. : feu, pour désir sexuel, vers 680 de Phèdre).

Exode. Chant choral de sortie.

Fable. Suite de faits qui constituent l'élément narratif d'une œuvre, agencement en système des faits racontés, logique des actions et syntaxe des personnages. Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la pensée et le spectacle. On traduit parfois par " histoire " le terme grec ici traduit par " fable ".

Face et lointain.  Lorsqu’un comédien est à la face, il se trouve au plus près du public.  S’il gagne le fond de la scène, il se rend au lointain.

Farce. Comédie triviale souvent caractérisée par une tromperie, et se terminant tout aussi souvent par une bastonnade.

Féerie.  Spectacle où apparaissent des personnages surnaturels ( dieux et démons, fées et enchanteurs…), exigeant d’ordinaire des effets scéniques considérables.

Feux.  L’ensemble des éclairages de scène.  Lorsque tous les projecteurs sont éclairés, on parle de pleins feux.

Feux de la rampe. Appareils (bougeoirs, lampes, projecteurs...) éclairant la scène de bas en haut, à partir de la rampe

Fiction. Forme de discours qui fait référence à un univers connu, mais à travers des personnes et à des événements imaginaires.

Figure. Représentation par le langage.

Figure de rhétorique. Mode d'expression stylistique, variable dans l’utilisation des images sonores, verbales et visuelles, les plus connues étant la métaphore et la métonymie .

Filage.  Répétition où l’on joue la pièce du début à la fin sans en interrompre le fil.

Focalisation. Action de mettre au foyer, de faire converger vers un point.

Four. Mauvaise pièce.

Fresnelle. Projecteur dont le pouvoir éclairant est augmenté par une lentille à échelons gradués. 

Frontispice. Page titre. Image d’accueil, originellement gravée, face au titre; elle constitue souvent une référence sur les décors et costumes d’époque.

Galerie technique. Endroit généralement situé au-dessus du public on y retrouve les dispositifs d’éclairage d’avant-scène et d’éclairage pour les poursuites.

Gélatines ou filtres.  Ce sont des feuilles de couleur que l’on place devant les projecteurs pour en teinter l’éclairage.

Générale. Dernière répétition avant la première représentation publique, généralement on invite seulement un nombre déterminé de personnes.

Gérant de salle. Responsable du bon déroulement des représentations et de la sécurité, qui supervise la billetterie, le bar, les placiers et le personnel d’entretien. 

Gestuelle. Ensemble et mode des mouvements d'un acteur ou d'un spectacle.

Green room/Chambre verte. Une pièce dans un studio, théâtre, salle de concert où les artistes peuvent se détendre avant ou après un spectacle ou entre les entrées en scène.  La Chambre verte a été nommée ainsi parce que quand l’éclairage en était à ses débuts, on a incendié de la chaux éteinte afin de créer une lumière très brillante.  De son appellation «limelight»  Elle a aveuglé les acteurs ce qui leur a fait voir des taches vertes devant leurs yeux.  Les acteurs étaient donc conduits à la Chambre ou salle verte jusqu’à ce que leur vision s’améliore et qu’ils puissent bien voir à nouveau. 

Grotesque. Comique caricatural, de type bizarre, burlesque ou fantastique, parfois absurde ou irréel. Terme ayant d'abord servi à caractériser les décorations de caveaux - ou grottes - étrusques découverts durant la Renaissance.

Guichetier. Personne qui assure la vente des billets et des abonnements au guichet du théâtre. Veille aussi à bien informer le public. 

Habillage (l’).  La plupart du temps mobile, et quelques fois permanent, l’habillage est tout ce qui sert à cacher les coulisses de la vue des spectateurs.  On y retrouve entre autres : les frises, les pendrillons, les fonds, le lambrequin, les tuiles, etc.

Habilleur / habilleuse. Personne qui prépare les costumes, aide les artistes à s’habiller, à se changer et s’occupe des réparations urgentes.

Happening. Spectacle qui exige la participation ou prévoit une réaction du public, et qui cherche à provoquer une création artistique spontanée, éventuellement collective. 

Harpagon. Avare, d'après le personnage principal de L'Avare de Molière. Exemple d'un mot passé du fictif au réel, du statut de nom propre à celui de nom commun, comme certains noms de personnages la commedia dell'arte (arlequinpierrotpolichinelle,zanni).

Héros. Type de personnage doué de pouvoirs hors du commun et pouvant se dresser pour ou contre la Cité; Ubersfeld 1996, p. 46. Personnage principal d'une œuvre;

Herse. Galerie lumineuse, généralement mobile, suspendue au-dessus de la scène, et permettant d'éclairer de haut en bas.

Histoire. À certains égards, équivalent de fable, narration (comme dans « conter une histoire ». Paradoxalement, se dit aussi d’une l’étude diachronique, aussi objective que possible, du passé, en opposition à l’approche subjective de la fable ou narration.

Hors-scène. Espace où se déroulent ou sont censés se dérouler des événements qui sont en dehors du champ de perception du public. Il peut s'agir des coulisses d'où proviennent des effets spéciaux, d'une autre aire de jeu d'où l'action est retransmise de façon médiatique, ou d'un espace purement imaginaire.

Hors-texte. Terme pour désigner le contexte et l'intertexte.

Hypertexte. Texte numérisé, disponible sur disque compact ou surinternet, où des mots ont été programmés de façon à renvoyer à d'autres mots et textes, ou à des annotations et des illustrations.

Icône. Signe visuel qui renvoie à l'objet qu'il dénote simplement en vertu des caractères qu'il possède.

Illusion. Phénomène qui fait qu'on semble prendre pour réel et vrai, selon la convention d'un spectacle, ce qui n'est que fiction.

Improvisation. S’inspirant du jeu de hockey, joutes ou match où des équipes formées de 6 joueurs performent à l’intérieur d’une petite patinoire et s’exercent à improviser sur 3 types d’improvisations tel que : Comparée : chacune des équipes fait son impro. sur le même thème.  Mixte : Les 2 équipes participent à la même impro.  Poursuite : Une équipe commence une impro. et  au sifflet de l’arbitre, l’autre équipe poursuit l’histoire.  Les Styles : Narratif : Un joueur raconte une histoire et les autres joueurs la miment. Ces derniers ont le droit d’intervenir si le narratif leur permet un dialogue. À la manière de… : Il faut improviser en utilisant des personnages imposés.  Mimé : Les joueurs miment et n’ont droit qu’à des onomatopées.  Chanté : Les joueurs improvisent en chantant (attention d’éviter les airs connus).  Avec un accessoire : Un accessoire est imposé aux joueurs et ceux-ci lui donnent vie à leur gré.  Libre : Les joueurs ont droit à tout ou presque (pas d’accessoires).  (Lipsing) Doublage américain : Pour chaque joueur sur la glace, un joueur est accroupi sur le bord et parle à sa place.  Le joueur sur la glace mime les actions et ne fait que faire semblant de parler.  Il faut éviter que le joueur regarde son doubleur.  Dramatique : Comme le terme l’indique, les joueurs doivent plonger en plein drame.  L’arbitre inflige des punitions aux joueurs telles que : Nombre illégal de joueurs, non- respect du style, du thème, accessoire illégal, présence inutile, confusion, cabotinage, rudesse, manque d’écoute, vulgarité, mauvaise conduite et non-respect de l’arbitre.  Ce sont Robert Gravel et Yvon Leduc qui ont imaginé ces matchs d’impro. en 1977.  En août 1996, Robert Gravel décède à l’âge de 51 ans.

Indication scénique. Instruction d'interprétation ou de production fournie par une didascalie ou un indice.

Inspiration. Théorie platonicienne selon laquelle, au moment de la création, la pensée d'un poète, placé pour lors en état de démence (de-mens), lui vient d'un dieu.

Interprétation. Action de donner ou faire donner vie et sens à une œuvre destinée à la scène. L’incarnation d’un personnage est une interprétation.  L’interprétation peut varier d’un interprète à l’autre.

Interprète. Personne dont le jeu donne vie et sens à une œuvre destinée à la scène (danse, musique ou théâtre).

Intrigue. Ensemble des événements qui constituent le déroulement de la pièce. Suite de rebondissements, entrelacement de conflits ou d'obstacles, et moyens mis en œuvre pour les surmonter.

Italienne. Répétition sans costume, mouvement ni technique, les acteurs étant parfois distribués en position frontale. Ne pas confondre avec scène à l'italienne 
Jardin. Côté gauche de la scène, vue prise de la salle.

Jeu. Action libre, sentie comme fictive, située hors de la vie courante, accomplie selon des règles données, dans un temps et un espace expressément circonscrits. Au théâtre, le terme désigne aussi bien une forme médiévale de représentation et une démarche particulière dans l'enseignement des arts de la scène (jeu dramatique), que les modalités d'interprétation d'un acteur (jeu réaliste, jeu distancié, etc.).

Jeu choral . Type de spectacle entièrement interprété par un ou des chœurs, à la manière des premières pièces grecques.

Jeu de rôle 
. Joute théâtrale où les comédiens simulent des batailles ou des combats sportifs. (ex. : Wagrammes  et Ligue Nationale d’improvisation). Chacun évolue à l’intérieur des règles de la joute et des coordonnées de son personnage. Cette pratique, conçue à des fins de divertissement,  se retrouvait déjà, à des fins thérapeutiques, dans le psychodrame et le sociodrame.

Lambrequin.  Ornement en étoffe, en passementerie, en bois ou en tôle découpées, pour couronner un heaume, un pavillon, une marquise, un ciel de lit, etc.

Langue de bois
. Discours obligé, paroles dictées par une fonction. Ex. : discours d’Estragon dans En attendant Godot de Samuel Beckett.

Lazzi. Élément mimique ou improvisé par l'acteur servant à caractériser comiquement le personnage.

Lecture. Au théâtre : Déchiffrement et interprétation des différents systèmes scéniques qui s'offrent à la perception du lecteur (texte dramatique) et du spectateur (texte scénique). La lecture peut être horizontale (syntagmatique) ou verticale (paradigmatique). Lire un texte, c'est établir des liens entre les variables productrices de sens et y importer des éléments interprétatifs susceptibles de tisser un texte dans le texte.

Lecture publique. Présentation orale d’une pièce, texte en mains, dans le cadre d’une mise en lecture. L’objectif consiste souvent à faire découvrir une œuvre et des interprètes en vue d’une éventuelle mise en scène.

Leitmotiv. Motif artistique ou littéraire récurrent, servant à annoncer un thème ou à signaler une répétition formelle (retour d'un mouvement, d'un énoncé, voire d'une assonance).

Lever de rideau. Courte pièce offerte en ouverture. Elle peut avoir différentes fonctions : servir de prologue, « réchauffer » la salle, compléter un programme ou permettre à une vedette en tournée de se manifester au public quand elle est particulièrement attendue ou ne figure pas au programme principal.

Lisse. Rail permettant le glissement des cintres.

Loge(s).  Endroit généralement annexé à la scène, ou les acteurs se préparent pour le spectacle (dans certaines situations ou dans certaines grandes salles on retrouve de petits balcons pouvant accueillir 4 à 8 personnes que l’on nomme aussi, à raison, loges.  C’est une autre des multiples subtilités de notre langue).

Lumière noire. Rayonnement ultraviolet invisible, employé comme effet spécial pour provoquer dans l'obscurité la fluorescence de certains corps, notamment les étoffes blanches.

Machiniste. Caché en coulisses, il s’occupe des changements de décors, des trucages et des machines à effets spéciaux durant le spectacle.

Maître d’armes. Spécialiste des combats armés, qui règle les duels et enseigne aux acteurs les rudiments de l’escrime et le maniement des épées.

Manteau d'Arlequin. Partie de la scène qui commence au rideau et se termine au premier plan des coulisses; autrefois décorée en forme de draperie de couleur rouge. Arlequin, à la Comédie-Italienne, faisait son entrée par cette fausse coulisse, où se trouvaient les loges de la direction et des acteurs. Drapé décorant le cadre de scène.

Maquillage. Produits appliqués sur le visage de l’acteur pour en accentuer ou en modifier les traits (vieillissement, déformation, cicatrice, moustache) 

Marionnettiste. Manipulateur qui fait bouger des marionnettes avec ses mains ou grâce à un jeu de ficelles, de tiges ou de baguettes. Afin de se faire oublier, il se cache derrière un castelet (théâtre miniature) ou s’habille en noir lorsqu’il joue à vue. Il fait parler les personnages tour à tour en modifiant sa voix et leur donne vie par sa dextérité et la précision de ses gestes. Souvent il conçoit et fabrique ses marionnettes.

Marivaudage. Jeu galant avec les mots qui est à la fois le symptôme du désir et de l'hésitation à se compromettre du personnage marivaldien.

Marquise.  Auvent en charpente de fer et vitré, placé au-dessus des portes d’entrée d’un théâtre et à l’aide de lumières, annonce le ou les spectacles en cours et à venir.

Masque. Faux-visage utilisé dans la comédie à des fins d'identification à des types, alors que dans la tragédie ils servaient à garder une distance respectueuse. On recourt parfois au masque neutre, polyvalent. Du bas-latin masca, sorcière, masque, et du grec maskhalê [μασχαλη] : gaine ensorcelée contenant des membres humains desséchés, que les voleurs s’attachent sous le bras à des fins d’épouvante ; forme passive de maskhalizô[μασχαλιζω], mutiler un cadavre, y prélever des restes comme amulettes. Même racine que l’ancien français mascurer, « mâchurer » (barbouiller).  Sens proche du terme latin persona, « revenant », « spectre », et de la pratique de la « main de gloire ». Le terme grec classique pour « masque » est prosôpon[προσωπον], ce qu’on porte sur le visage ; de pros- [προσ-], devant, et ôps [ωψ], « vision », visage ». 

Mélodrame. Drame populaire, souvent accompagné d'une mélodie, caractérisé par l'invraisemblance de l'intrigue et des situations, la multiplicité des épisodes violents, l'outrance des caractères et du ton.

Merde !. Les comédiens, se considérant peu choyés par la chance, comme les soldats de Cambronne, croient la contourner en se souhaitant la malchance.

Métaphore. Trope par lequel on utilise un effet visuel, un mot ou un son pour un autre. Procédé de langage qui consiste dans un transfert de sens par substitution analogique.

Metteur(e) en scène.  Personne qui prend la responsabilité artistique de la pièce ; c’est donc elle qui s’assure que le texte prend vie avec une vision artistique cohérente.  En d’autres termes, sa vision artistique c’est « Qu’est-ce que je veux dire avec cette pièce de théâtre ?».  C’est la personne qui décide du choix des acteurs, comédiens, du choix du courant esthétique à prendre par les concepteurs, etc…Pour que tous les départements se rassemblent et fassent un tout homogène qui saura rejoindre ce qu’il ou elle veut dire avec cette pièce. 

Mime. Au sens premier, imitation directe d'une action, racontant une histoire par gestes. Le mime d'aujourd'hui se distingue de la pantomime en ce qu'il tend davantage, comme la danse, à se libérer d'une trop grande figuration, d'une trop grande référentialité,  pour mettre l'accent sur la création de formes nouvelles, parfois abstraites.

Mise en lecture. Activité consistant à présenter un texte dramatique dans le minimum de dispositifs que requiert une lecture publique. Travail souvent dévolu à un dramaturgiste.

Mise en scène. Ensemble des moyens d'interprétation scénique (scénographie, musique, jeu...); activité qui consiste à agencer ces moyens. Articulation entre le travail d'un maître d'œuvre et celui de chacun des artistes qui concourent à l'œuvre; transposition - et non traduction - d'une écriture dramatique en écriture scénique.

Monodrame. Drame dont les personnages sont présentés du point de vue d'un seul (ex. : Elseneur, de Robert Lepage; Ne blâmez jamais les Bédouins, de René-Daniel Dubois).

Monologue. Scène parlée, à un personnage; discours apparemment adressé à soi-même, ou à un auditoire dont on n'attend pas de réponse. Dans l'analyse du discours théâtral, il est considéré comme une variété du dialogue (ex. : monologues d'Yvon Deschamps et de Sol).

Montage. Se dit d'un collage de textes et, parfois, de la mise en scène.

Motif. Image visuelle ou sonore, modulée ou répétée, faisant partie d'un thème. Unité indécomposable de l'intrigue, qui constitue une unité autonome de l'action;

Multidisciplinaire. Juxtaposition de disciplines diverses, parfois sans rapport apparent entre elles (ex. : musique + mathématiques + histoire).

Multimédia.  Désigne le fait de gérer en même temps du son, de l’image et des données.  Qualifie une machine qui prend en compte des animations et des données sonores, du plus petit micro  à la machine professionnelle.  Le terme est donc très large dans sa portée.  Multimédia désigne donc d’une part l’équipement et les procédés de management sonores, visuels etc…Et d’autre part la caractéristique d’une machine composée de ces éléments. 

Musique de scène. Contribution musicale à un texte scénique, pour annoncer et souligner une émotion, ou pour accompagner, voire même remplacer le texte dramatique. La première au Canada est une œuvre de John Bentley, pour une arlequinade, The Enchanters, Or The Triumph of Genius, créée en pantomime à Montréal, en 1786.

Mystère. Action scénique d'ordre religieux - égyptienne, grecque, médiévale - et principalement rattachée à la vie des dieux sur terre.

Narration. Manière dont les faits sont relatés par un système, linguistique ou théâtral (en ce cas par une succession de gestes ou d'images scéniques).

Naturalisme. Représentation réaliste de la nature et du naturel.

. Drame lyrique (mimé, chanté et dansé, avec chœurs et instruments), exécuté au théâtre, avec costumes et masques, sans décor. Comprend des sections de prose (kotoba) et de poésie (utai). S'inspire généralement de légendes et contes anciens du Japon, où ses acteurs sont le shité et le waki, le second étant une sorte de double ou de faire-valoir du premier.

Non-dit. Ce qui est chargé de sens mais non formulé de façon explicite.

Objet. Accessoire pouvant tenir lieu de tout décor ou même remplir une fonction actantielle. Une pièce québécoise publiée en 1924, La Lettre, féerie triste en un acte, d'Antonio Desjardins, est conçue pour un théâtre d'objets.

Objectif et superobjectif. Motivations qui, selon Stanislavski, structurent la stratégie globale d'un personnage.

Opéra. Drame lyrique, entièrement chanté, exécuté au théâtre avec décors et costumes.

Opérette. Comédie lyrique, formée de chants et de dialogues ou pantomimes alternés, exécutée au théâtre avec décors et costumes. La première au Canada, une « comédie mêlée d'ariettes » intitulée Colas et Colinette, ou le bailli dupé, de Joseph Quesnel de la Rivaudais, fut écrite en 1789 et créée à Montréal l'année suivante.

Opsis. Ce qui est visible, livré au regard.

Oratorio. Drame lyrique exécuté en concert sans décors ni costumes.

Ovation. Acclamations, honneurs rendus à quelqu’un par une assemblée, par la foule. On entend souvent le l’expression anglaise«standing ovation» pour une ovation debout.

Pageant. Mot anglais tiré du moyen latin pagina, au sens de scène ou extrait de pièce. Se dit d'un spectacle formé de tableaux réunis par un lien dramatique et destiné aux fêtes populaires. Le Major Jean André, officier huguenot de l'armée britannique, a produit en 1778 le premier pageant d'Amérique du Nord : Meschinanza, écrit par le Général John Burgoyne en l'honneur de Lord Howe rappelé en Angleterre. On a reconstitué à Québec la bataille des Plaines d'Abraham en présence du prince William Henry d'Angleterre en août 1787.

Pantalonnade. Farce burlesque centrée sur le personnage de Pantalon, vieillard jaloux et dupé. On a présenté la pantalonnadeLe Vieillard dupé en Nouvelle-France (Fort Niagara) en 1757.

Pantomime. Spectacle composé des seuls gestes du comédien. Se distingue du mime en ce qu'elle vise plus souvent à amuser et qu'elle tient lieu de récit, avec force gestes, figuratifs et même réalistes, remplaçant une série de phrases.

Parade. Forme d'intervention théâtrale qui se fait à la porte des salles de spectacle ou en se dirigeant vers elles, pour attirer le public (ex. : défilés du Bread and Puppet et du Grand Cirque Ordinaire).

Paraphrase. Développement explicatif d'un texte, qui n'en est parfois rien de plus que le déplacement ou le dédoublement synonymique des composantes.

Parodie Fable parallèle (du grec para [παρα], marginal, limitrophe, et [ωιδη], ode, chant, fable. Au théâtre : pièce ou fragment de pièce du genre burlesque où l'on travestit une ou des pièces connues (ex. : Les Grenouilles d'Aristophane).

Parterre.  Partie d’un théâtre située au rez-de-chaussée, derrière les fauteuils d’orchestre ; spectateurs qui y sont placés.

Partition. Relevé synchronique de tous les arts scéniques, de tous les codes ou tous les systèmes signifiants.

Passerelle. Galerie légère permettant le service au-dessus de la scène. On dit aussi Pont volant.

Pastorale, pastourelle. Pièce ou spectacle dont les personnages sont des bergers ou bergères valorisant le caractère ingénu, spontané, des milieux naturels.  Cette désignation, apparue à la Renaissance avec la découverte des bucoliques latines, s'applique  tout autant à des romans et morceaux de musique. Le genre a été remis à la mode par les idéologies rousseauistes du retour à la nature.

Pathétique. Mode de réception du spectacle provoquant la compassion.

Pathos. Émotion ou passion, amplifiée ou simulée, susceptible, par des techniques propres au théâtre, de susciter ou manipuler dans le public des sentiments naturels de pitié ou de terreur, en vue de provoquer la catharsis. 

Pensée. Ce qui dans le discours théâtral, selon Aristote, doit être produit par le langage et relève de la rhétorique, comme démontrer, réfuter, produire des émotions (telles que la pitié, la crainte, la colère, etc.). La pensée constituerait, avec les caractères, le chant, l'élocution, la fable et le spectacle, un des six éléments de la tragédie. Ce concept aristotélicien renverse une des théories platoniciennes de l'art.

Perches (les).  Ce sont dans les cintres, ces tubulaires d’acier sur lesquels on accroche l’habillage, l’éclairage, une pièce de décor quelconque, etc.  C’est aussi les mêmes tubulaires qui forment le «grill quadrillé».  Pouvant aussi être appelées porteuses (souvent quand leurs déplacements se font à l’aide d’un moteur électrique), on les nomme quelque fois allemandes (par leur emplacement perpendiculaire au cadre de scène).

Performance. Expression artistique consistant à produire des gestes, des actes, un événement dont le déroulement temporel constitue l'œuvre. Se dit aussi de la qualité du rendement de l’interprète.

Péripéties. Changement subit de situation dans une action dramatique ou scénique. Il y a des péripéties de nouement et de dénouement.

Perruque.  Coiffure postiche de faux cheveux ou de cheveux naturels.

Persona. Terme latin signifiant « masque à caractère ». On a proposé trois étymologies, dont la troisième semble la plus sure. 1 – Le latin per-sonare, signifiant « résonner », « retentir », ce qui souligne l’utilité de résonateur et de porte-voix du masque.  2 - L’étrusque pharsus, d’où la latin farsus, « bourré », « farci », qui évoque un type de jeu où le masque se porte, la farce.  3 - pharsusserait dérivé du grec persomai [ρερσομαι], forme passive de pertho[περθω], « abattre », « tuer » ; il aurait d’abord eu le sens de « gisant », « revenant », ce qui renvoie aux lémures et spectres des mystères sacrés aussi bien que des comédies grotesques de l’Antiquité.

Personnage. Terme issu du latin persona, masque, et agere, agir, gérer : celui qui porte le masque et en incarne le caractère. Se dit des personnes imaginaires d'une pièce, qu’on désignait autrefois comme entre-parleurs ou, d’après le latin, dramatis personæ. L’anglais les nomme characters.

Philologie. Étude d'une langue par l'analyse des textes (ex. : archaïsmes et créolisation dans Les Belles-Sœurs, de Michel Tremblay). Études des textes à travers les différentes versions existantes.

Placier / placeur. Il accueille et place le public dans la salle, en veillant au confort et à la sécurité. 

Planche. Au pluriel. : tréteau, scène, ou carrière qu’on y pratique (ex. : « monter sur les planches »).  Tablette de bois gravé utilisée pour imprimer, selon un procédé appelé xylographie; ex. : les œuvres de Térence sont imprimées sur in-folios de cette manière à Strasbourg (dite Argentina, 1470, 1496), Venise (1471, 1472) et Rome (1472, 1485). Gravure pleine page imprimée au moyen d’une matrice de bois ou de cuivre; ex. : les frontispices des œuvres de Molière par Jean Sauvé d’après des dessins baroques de Pierre Brissart (1682), ou ceux de Laurent Cars d’après des dessins rococos de François Boucher (1734). 

Plan d'éclairage. Design selon lequel l'éclairage est programmé.

Plan de feu.  Herse supportant l'éclairage de chaque panneau (ou plan) latéral.

Plateau.  Plancher sur lequel évolue les acteurs.  Le terme est identique à celui utilisé au cinéma.

Pluridisciplinaire. Juxtaposition de disciplines plus ou moins voisines dans des domaines de la connaissance (ex. : français + latin + grec).

Poésie.  Art d’évoquer et de suggérer les sensations, les émotions, les idées par un emploi particulier de la langue qui joue sur les sonorités, les rythmes, les images.

Poétique. Nom : traité, voire théorie  de la poésie dramatique et lyrique. Aristote a écrit une poétique et une rhétorique.

Polyphonie. Combinaison de plusieurs voix, de plusieurs éléments signifiants dans une action dramatique ou scénique.

Pont roulant . Plancher ou tapis mobile, supporté par des rouleaux, dont le mouvement est actionné, par exemple, par un cheval ou un véhicule. L'illusion d'avancer est parfois amplifiée par la progression d'un cyclorama horizontal actionné par les rouleaux du pont.

Portants(les).  Les portants sont disposés derrière les pendrillons verticalement et leur lumière est orientée vers le fond de scène.

Poursuite. Phare mobile destiné à projeter la lumière sur un personnage ou sur un objet en mouvement.

Praticable. Plate-forme généralement amovible, utilisée sur scène pour former des tréteaux, ou dans un espace vide pour monter une scène ou une estrade.

Première.  Première représentation ouverte au public.  On y invite souvent des personnalités en vue et des journalistes.

Préparation du plateau (preset). Avant chaque représentation, organisation de la scène et des coulisses pour que tous les accessoires, costumes et éléments scéniques soient en place.

Production.  C’est tout le temps et toutes les activités contenues dans la préparation, l’exécution et l’aboutissement d’une pièce de théâtre, à partir de la minute où le choix de la pièce à monter est arrêté.  Jusqu’au dernier retour d’un accessoire emprunté, en passant bien sur par les répétitions, la construction du décor, l’achat d’un bout de tissu, etc.

Producteur. Personne ou compagnie qui investit les ressources, engage les artistes, les techniciens et assume les risques financiers afin de permettre la réalisation d’un projet théâtral.

Projecteur. Phare dont les rayons sont réfléchis et projetés en faisceaux parallèles.

Projecteur canon. C’est un système de petite taille qui permet d’afficher sur un écran une image pouvant atteindre 5m comme dans un théâtre, cinéma, ce système demande l’obscurité voir le noir complet. 

Projection. 1. Effort de la voix visant à ce qu’elle porte jusqu’au fond de la salle et des balcons. 2. Utilisation d’une image virtuelle sur écran.

Prologue. Partie de la pièce qui, chez les Grecs, précède l'entrée du chœur. Texte d'introduction incorporé par l'auteur à la pièce (12 vers de Shakespeare au début de Roméo et Juliette), ou prononcé, voire publié lors d'une mise en scène (10 vers de Paul Mascarène comme présentation du Misanthrope de Molière, Annapolis / Port-Royal, [6] janvier 1743).

Promotion. Ce qui est fait pour inciter le public à venir assister au spectacle, incluant la publicité, les entrevues, les affiches.

Proscenium. Voir Avant-scène.

Prose.  Forme ordinaire du discours parlé ou écrit, qui n’est pas assujettie aux règles de rythme et de musicalité propres à la poésie.

Public. Terme désignant tantôt la clientèle d'un théâtre, voire d'un acteur, tantôt les occupants d'une salle. Le public peut faire l'objet d'une opération de marketing ou d'une étude de réception et de consommation de ce bien culturel qu'est le spectacle.

Quatrième mur. Dans le théâtre naturaliste : mur imaginaire séparant la scène de la salle.

Quiproquo. Situation de méprise qui fait prendre un personnage - ou une chose - pour un autre.

Radio-roman 
. Dramatique radiophonique présentée feuilletons quotidiens ou hebdomadaires.

Radio-théâtre
. Pièce de théâtre scénarisée spécifiquement ou adaptée pour la radio.

Rampe. Galerie lumineuse qui borde la scène ou, le cas échéant, l'avant-scène, du côté de la salle.

Réalisme. Conception de l'art et de la littérature, selon laquelle on ne doit pas chercher à idéaliser le réel ou à en donner une image épurée.

Réception. Attitude et activité du spectateur confronté au spectacle. Se dit également d'une séance d'accueil, faite de discours et de pièces de circonstance; la première écrite et offerte en Nouvelle-France, à Port-Royal, date de 1606, et la première au Québec de 1648.

Recherche dramaturgique / Dramaturgie. Travail de documentation et de réflexion qui permet de mieux connaître et comprendre une pièce. La lecture de textes sur le contexte historique, l’auteur, les enjeux ou encore des recherches parallèles (images, pièces musicales, films) influencent la mise en scène.

Récit. 1. Fable (voir ce mot). 2. Discours d'un personnage narrant un événement qui s'est produit hors scène (ex. : récit de Théramène, dans Phèdre, de Jean Racine). Dans le théâtre contemporain, le récit des événements hors-scène est parfois remplacé par une projection, comme déjà dans Le Livre de Christophe Colomb de Paul Claudel.

Récitatif. 1. Dans certaines cultures, récit donné à voix haute, sur une seule note (recto tono), avec flexions en début et fin de phrase ou de segments de phrase (comme pour la lecture de La Passiondans la messe grégorienne du Vendredi Saint). 2. Dans l'opéra ou la cantate, partie déclamée - et non chantée - dont le rythme et la métrique diffèrent du chant ou de la musique d'ensemble.

Redondance.  Propriété des signes de réitérer l’information, en l’inscrivant notamment dans des systèmes signifiants différents.

Réflecteur. Élément d'un projecteur; dispositif destiné à réfléchir la lumière au moyen de miroirs, de surfaces luisantes ou prismatiques. Se dit, par extension, du projecteur lui-même.

Régie. Organisation matérielle du spectacle selon un cahier de charge, ce à quoi on réduisait autrefois la mise en scène (mise en place). Emplacement où se trouvent les consoles d'éclairage et de son.

Régisseur(e).  Terme qui peut porter à confusion.  Il est utilisé de manière différente par les nord-américains et les européens.  Les nord-américains l’utilisent pour désigner la personne qui dirige le spectacle pendant le tems de montage et pendant les représentations.  C’est la personne qui a l’ultime responsabilité de faire commencer le spectacle à l’heure avec tous les intervenants requis et toute la machinerie en place, prête à fonctionner.  Nous désignons aussi l’assistant au metteur en scène avec ce terme.  Ce sont là deux postes différents, mais souvent cumulés.  Les européens pour leur part, utilisent ce terme pour désigner la personne qui dirige toute la production, un peu comme notre directeur de production.

Régisseur de plateau. Technicien qui gère les coulisses et le plateau pendant les représentations. Il vérifie que tous les accessoires sont en place, signale aux comédiens leurs entrées et coordonne le travail des machinistes.

Répertoire. Ensemble des pièces jouées par un même théâtre (angl. : stock); ensemble des pièces d'un même style ou d'une même époque; ensemble des rôles qu'un acteur a interprétés ou qui sont dans son registre (angl. : study).

Répétition. Exercice préparatoire, où on reprend plusieurs fois des passages d'une scène, voire la pièce en entier.

Réplique. Réponse à un discours; riposte; texte dit par un personnage au cours d'un dialogue.

Représentation. Action (ou son résultat) de simuler, par un langage ou un jeu, la présence d’une personne, d’un lieu, d’un événement.  Il peut y avoir représentation en arts visuels, en danse ou au théâtre.
Reprise. Retour d'une pièce à l'affiche, par la même compagnie, selon la même mise en scène et, normalement, la même distribution.

Revue. Spectacle alliant dialogues et chansons, satire politique et plaisanteries grivoises, portant sur l’actualité ou des personnalités connues.

Rhapsode. Personne ou personnage interprétant sur un mode récitatif des extraits de poésie épique. Un des quatre épisodes du film Kwaidan de Masaki Kobayashi, « Hoïchi Sans Oreilles », se fonde sur le récitatif d'une épopée japonaise.

Rhétorique. Nom : traité, voire théorie de la composition et de l’expression efficaces. Conçues pour la communication, certaines de ses règles sont applicables au théâtre (figures de style, gestuelle, mise en espace, projection de la voix). Aristote a écrit une poétique et une rhétorique.

Rideaux.  Pour camoufler les découvertes, c’est-à-dire les espaces visibles en coulisse, il faut un bon jeu de rideaux de scène pour complémenter convenablement le décor et éviter d’entrevoir, par un savant jeu d’angles, un coin des coulisses.  Cependant cette convention tend à disparaître : les changements de costumes, d’accessoires et de décors peuvent s’effectuer à la vue du public.  Les rideaux sont de 4 types :

Rideau de scène.  Celui qui sépare la scène du public revêt différentes formes, mais le lus fréquemment utilisé est celui dit «à la grecque».  Ce rideau s’ouvre verticalement par le milieu, ses deux côtés se rabattant sur les coulisses.

Rideau de fond (Fond de scène).  Masquent le fond de la scène ; ils sont ordinairement noirs et cachent les supports techniques.

**Pendrillons(trois).  Trois sont utilisés côté cour et trois autres sont utilisés côté jardin.  Ce sont des rideaux de largeur variable, placés sur chaque côté de la scène et dissimulant les coulisses.

***Frises(les).  Sont les rideaux qui ornent la partie supérieure de la scène, servant à dissimuler un appareillage technique compliqué.
Rime. Disposition identique, à la finale, de mots placés à la fin de deux unités rythmiques. Les rimes sont dites féminines ou masculines, selon qu'elles sont terminées par e muet ou ne le sont pas. Elles peuvent être plates, croisées ou embrassées; pauvres si elles sont réduites à une sonorité vocalique finale (ex. : ami - pari), ou riches si elles comprennent au moins une voyelle et sa consonne d'appui (ex. : image - hommage). Elles sont intérieures si elles sont placées à l'hémistiche.

Rituel. Séquence cérémonielle d'actions codifiées par des rubriques, se considérant elle-même dans l'ordre du vrai plutôt que du vraisemblable.

Rôle. Parchemin enroulé. Ensemble des répliques d'un personnage.
Saint Genest. Genès (ou Genest) : martyr à Rome, en 286 (ou 303). Mime, il déclara sa foi au cours d'une représentation en présence de Dioclétien, mort martyr. Un lieu de culte lui fut dédié à Talence (Gironde). Patron des comédiens. Nom issu du grec "genos". Fête le 26 août (ou 25 août).

Salle (lieu théâtral). Espace dans lequel se donne une représentation, disposant d’une aire de jeu (scène) et d’une aire pour le public. Ce peut être dans un théâtre ou dans un lieu aménagé provisoirement pour un spectacle (une usine, un loft, un cimetière).

Saluts.  Instant où tous les acteurs viennent s’incliner devant le public.  Lorsque le succès est au rendez-vous, il y a des rappels ; les acteurs reviennent saluer le public qui continue à les applaudir.

Satire. Écrit, discours qui s'attaque à quelque chose, à quelqu'un, en s'en moquant. 

Saynète. Petite comédie bouffonne, à mi-chemin entre l'opérette et la chanson comique; genre tiré du théâtre espagnol.

Scène. Terme désignant l'espace de jeu et ses dégagements, par rapport à la salle où se tient le public. Partie, division d'un acte où il n'est prévu aucun changement de personnages.

Scène à l'italienne. Espace scénique conçu selon les principes de la Renaissance italienne. Le cadre de scène est perçu comme un tableau, composé en fonction de l'œil du prince, c'est-à-dire de façon à être vu de face, avec dioramas et coulisses peints en perspective. Ne pas confondre avec Italienne

Scène tournante . Plateau circulaire sur lequel sont placés tous les décors d'une pièce ou d'un acte, et qu'on fait pivoter à chaque changement de lieu scénique.

Scénographe.  Personne responsable de livrer la vision artistique du metteur en scène en ce qui a trait au décor, aux costumes, aux accessoires et aux éclairages (le pendant du directeur artistique au cinéma).  Le terme est très souvent mal utilisé.  On l’emploie souvent pour désigner la personne responsable seulement que du décor (ou du décor et des costumes).  Les termes concepteur du décor, concepteur des costumes, concepteur des accessoires et concepteur de l’éclairage sont des termes plus appropriés et surtout plus précis.

Scénographie. Art de l'organisation de l'espace théâtral. Ensemble des éléments (toiles peintes, praticables, mobilier...) qui déterminent cet espace.

Sémiotique. Science des signes qui étudie les éléments différenciateurs (ou paradigmes, contribuant au sens par la différence) et les combinaisons avérées de tels éléments sur le plan syntaxique. Tout ensemble signifiant, comme un texte dramatique ou un texte scénique, est dès lors analysable.

Séquence. Terme de narratologie : suite orientée de fonctions; un segment formé de plusieurs propositions qui donne au lecteur l'impression d'un tout achevé, d'une histoire, d'une anecdote. Correspond à la division en scènes dans la dramaturgie classique, alors que la macroséquence correspond à la division en actes. Les microséquences sont des fractions du temps théâtral (textuel ou représenté) au cours de laquelle se passe quelque chose qui peut être isolé.

Servante. Veilleuse offrant un éclairage minimal sur une scène inoccupée. On dit aussi " sentinelle ". 

Situation dramatique. Ensemble des données textuelles et scéniques dont la connaissance est indispensable à la compréhension du texte et de l'action.

Soliloque. Discours d'une personne qui se parle à elle-même; monologue intérieur. Discours d'une personne qui, en compagnie, est seule à parler ou semble ne parler que pour elle.

Song. Intervention chorale, dans le théâtre brechtien.

Sotie. Pièce destinée à être jouée par de prétendus simples d’esprit. S’arrogeant une présomption d’innocence, il leur arrivait de se permettre, à la manière des fous du roi, de jouer des satires d’ordre social ou politique. Le Moyen-Âge célébrait une fête des fous lors du solstice d’hiver, notamment à l’occasion de la fête des Saints-Innocents (28 décembre).

Souffleur. Membre de l'équipe de production chargé d'aider les comédiens à se souvenir de leurs répliques. Il était parfois logé sous la scène, dissimulé des spectateurs par une trappe entre-ouverte. Son rôle était capital au temps où les troupes jouaient plusieurs pièces différentes en peu de jours.

Sous-texte. Ce qui n'est pas dit explicitement dans le texte dramatique, mais ressort de la façon dont le texte est interprété par le comédien.

Spectacle. Ce qui s'offre au regard (performance aussi bien que représentation). Un des six éléments de la tragédie, selon Aristote, avec les caractères, le chant, l'élocution, la fable et la pensée.

Spectateur. Public.

Spot. Petit projecteur, à faisceau lumineux étroit, destiné à éclairer un acteur ou une partie du décor.

Subvention. Somme versée à fonds perdus à un individu, à une association, par l’État, une collectivité locale, une société ou un mécène.  Indispensable au fonctionnement d’une compagnie.

Superstition. Interdits qui ont cours dans le milieu et dont il ne sait plus toujours le sens ni l'origine, comme la pratique de se souhaiter « Merde ! » au lieu de « Bonne chance ! », et celles d'éviter de décorer en vert ou d'employer sur scène le mot « corde ».

Suspense. Moment ou passage de nature à faire naître un sentiment d'attente angoissée; caractère de ce qui est susceptible de provoquer ce sentiment.

Symbolisme. Mouvement artistique et littéraire qui, en réaction contre le naturalisme, s'efforça de fonder l'art sur une vision spirituelle du monde, traduite par des moyens d'expression métaphoriques.

Tableau. Division d'un texte dramatique ou scénique, fondée sur un changement d'espace ou d'espace-temps. Constitue une alternative à l'acte ou à la scène (voir ces mots). Bertolt Brecht a revalorisé ce type de découpage (ex : Mère Courage, en 12 tableaux).

Tableau vivant. Technique de production où les acteurs, immobilisés dans une pose expressive, ont des attitudes de personnages de peinture ou de photo (ex. : arrêt sur la Mona Lisa, dans Vinci, de Lepage). En vogue dans le drame et le mélodrame, pour les épisodes qu'on ne pouvait jouer (scènes de champ de bataille), pour fixer des images saisissantes (reconnaissances, surprises de coupables), ou pour contourner l'interdiction de jouer certaines scènes sacrées (dernière Cène, mort du Christ). Diderot a favorisé des tableaux animés et muets.

Technicien(ne).  Peut occuper plusieurs fonctions sur une scène ; technicien électrique (travaillant à l’éclairage), technicien machiniste(travaillant au décor), technicien de son, technicien cintrier (travaillant aux cintres), technicien accessoiriste  C’est la personne qui réalise physiquement le projet du concepteur qui a été mis en forme technique par le directeur technique.

Télé-roman. Dramatique télévisée présentée feuilletons quotidiens ou hebdomadaires.

Télé-théâtre. Pièce de théâtre scénarisée spécifiquement ou adaptée pour la télévision.

Temporalité. Caractère de ce qui existe dans le temps.

Texte-à-dire. Texte dramatique, sans les indications scéniques.

Texte dramatique. Écrit où la théâtralité est explicitement inscrite.

Texte scénique. Produit de la mise en scène, qu'elle ait été produite ou non à partir d'un texte dramatique.

Théâtralité. Caractère de ce qui est théâtral; ce en quoi une écriture, un espace ou un événement se définissent comme configuration d'éléments stylistiques et de valeurs différentielles (costumes, personnages, objets, etc.), réglés, implicitement ou explicitement, par les lois du système théâtral. On peut parler de la théâtralité d'un costume judiciaire, d'un lieu sacré, d'un masque primitif...

Théâtre. À l'origine : point d'observation; apparenté à théorie, point de vue. Le sens de "lieu d'où l'on regarde" (comme dansamphithéâtre), a pris de l'extension : édifice bâti ou aménagé pour la représentation (construire un théâtre), texte préparé pour une mise en scène (théâtre de Molière), et art de jouer sur scène (faire du théâtre).

Théâtre élisabéthain. Relatif au temps d’Élisabeth 1ère d’Angleterre. La scène avançait de sorte que le public se retrouvait sur trois côtés (cour et jardin et au centre).

Théâtre grec.  Où les gradins sont en plein air.  Les comédiens jouent au sol et les gradins sont en pente, dehors en plein air.

Théâtre de boulevard. Théâtre comique conventionnel.

Théâtre de marionnette . Théâtre utilisant des figurines et manipulées par des marionnettistes.

Théâtre total. Action scénique ouverte à tous les arts (ex. : Le Livre de Christophe Colomb, de Paul Claudel.

Théâtrologie. Étude du théâtre dans toutes ses manifestations et sans exclusive méthodologique.

Thème. Sujet, idée, proposition qu'on développe dans une œuvre. Le thème se détaille en motifs.

Tirade. Longue suite de phrases récitées sans interruption par un personnage (ex. : tirade du nez, dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand).

Trac. Sentiment d’appréhension, paralysant ou stimulant, qui s’empare de l’acteur avant son entrée sur scène. Chacun trouve sa méthode pour l’apprivoiser!

Traduction. Transcription d’un texte dans une autre langue, sans ajouts, coupures ou modifications importantes. Puisque le texte de théâtre est écrit pour être dit par l’acteur, il faut tenir compte du style, du rythme et des sonorités choisies par l’auteur.

Traducteur / adaptateur. Le traducteur transcrit une pièce dans une autre langue. Grâce à sa connaissance approfondie de la langue, du contexte historique, culturel et social de l’auteur, il peut traduire fidèlement chaque réplique en tenant compte du style et des subtilités de l’écriture (jeux de mots, sonorités et rythme). Contrairement au traducteur qui tente de rendre l’œuvre avec exactitude, l’adaptateur utilise le texte original comme matériau pour créer une nouvelle pièce, par exemple une version modernisée d’un classique ou un montage d’extraits autour d’un thème. Il transforme le texte en faisant des coupures, des ajouts, en réorganisant ou en modifiant le récit.

Tragédie. Action scénique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouement est généralement funeste. Du grectragoïdia [τραγωιδια], « chant des chevreaux ». De tragos [τραγος], chevreau (anglais kid), pubère, et oïdê [ωιδη], ode, chant, fable. La tragédie grecque, issue des mystères initiateurs, est née sous le premier tyran et elle a fait son entrée dans les Dyonisies sous le dernier. Elle visait la « purification » des initiés en leur montrant l’issue fatale de certains abus de pouvoir. 

Tragi-comédie. Tragédie dont l'action est romanesque et le dénouement heureux. Une tragi-comédie française non identifiée fut offerte en Nouvelle-France en 1639; la plus célèbre, Le Cid de Corneille, en 1645.

Trame (bande) sonore.  Tout ce qui englobe les bruitages, les musiques et autres effets sonores. 

Tranche de vie. Objectif du théâtre réaliste, selon lequel une pièce doit être jouée comme un événement quotidien, sans distanciation, sans stylisation.

Troupe de théâtre.  Groupe de comédiennes et comédiens réunis de façon relativement artisanale autour de projets de représentation.  La troupe est le plus souvent solidaire et parfois entretenue par un mécène, une communauté, une famille.

Tulle. Rideau de tissu léger qui permet d’obtenir des effets d’apparitions. Éclairé de face, il est opaque, éclairé par derrière, il devient transparent.

Type. Personnage représentant de façon exemplaire les traits d'un caractère (comme L'Avare de Molière, Le Menteur de Corneille), les traits caricaturaux d'un métier (Les Plaideurs de Racine, Le Médecin malgré lui de Molière), ou encore les avatars de figures de l'imagination populaire (clown, diable, fou), particulièrement ceux de la commedia dell'arte, avec leurs retours de situation, leur gestuelle et leur costume propres (Arlequin, Pantalon)

Typé. Qui réunit à un haut degré les caractéristiques d'un type. Chez Molière, Harpagon dans L'Avare, est typé. Marivaux, qui a commencé à la Comédie-Italienne, destinait originellement certains rôles à Arlequin, mais on les joue rarement typés à ce point.
Unité d'action. Caractère d'une pièce dont la matière narrative s'organise autour d'une fable principale à laquelle les intrigues annexes sont logiquement rattachées. Les romantiques ont maintenu la nécessité classique de l'unité d'action.

Unité de lieu. Caractère d'une pièce qui, suite à une mise en question des mansions présentées en parallèle sur les praticables médiévaux, se déroule dans un seul espace scénique. Les romantiques ont mis en question cette règle de la Renaissance, mais elle est quand même souvent respectée (ex. : C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles, de Marie Laberge).

Unité de temps. Caractère d'une pièce dont l'action dramatique se déroule sur une durée ne dépassant pas celle de la représentation, ou celle d'une révolution du soleil. Les romantiques ont également mis en question la nécessité classique de l'unité de temps, mais elle est, elle aussi, souvent respectée (ex. : Les Reines, de Normand Chaurette).

Variétés. Spectacle présentant diverses attractions (chansons, danses, etc).

Vaudeville. Comédie de chansons, acrobaties, danses et monologues, dont on fait remonter l'histoire à un recueil de chants populaires, les Vaux-de-Vire de Jean Le Houx (1576). Souvent chargé d'incidents burlesques, de quiproquos, de reconnaissances, etc.

Vers. Assemblage de mots mesurés selon certaines règles.

Verset. Vers libre inspiré de la traduction littérale des chants et de la segmentation des proses de la Bible.  Il est généralement divisé en fonction d’une image centrale, d’une unité de sens ou d’une pause de la voix plutôt que d’une mesure fixe.  Forme fréquente dans les textes de jeu choral et reprise notamment dans le théâtre de Paul Claudel.

Vert. On connaît mal l'origine du malaise des comédiens à jouer dans un décor où le vert est dominant. On peut évoquer le vert-de-gris mortel dont s'enduisaient les personnages infernaux ou  l'habit vert que portait Molière à son décès sur scène et qu'on aurait retiré des costumiers, etc.  Mais comme au XVIIe s. l'intérieur des théâtres français était vert, c'était peut-être assez pour l'exclure après la Révolution. C'est le rouge grenat qui remplaça le vert et même le bleu utilisé au XVIIIe s.
Virtuel. Se dit d'une image dont les points se trouvent sur le prolongement des rayons lumineux (1858), de la simulation d'un espace réel par des images de synthèse, d'une création qui n'a d'autre réalité que sur écran cathodique.
 

D’après le glossaire du théâtre d’André G.Bourassa, Charles Antonetti, Notes sur la mise en scène à l’usage des jeunes acteurs, David Perreault Ninacs. UQAM, Larousse et internet.